Histoire d’Internet :
des premiers réseaux au Web et à l’IA

Relier des ordinateurs, partager des documents, publier, échanger, travailler et désormais dialoguer avec des IA : les usages se sont transformés par étapes. Voici les grands repères pour comprendre cette histoire.

Internet et le Web, quelle différence ?

Internet est l’infrastructure : des réseaux interconnectés qui transportent des données. Le Web est un de ses usages : des pages et des applications accessibles dans un navigateur, reliées par des liens. Le courrier électronique et d’autres services utilisent aussi Internet sans se confondre avec le Web.

Du réseau de recherche aux services du quotidien

Ces dates sont des repères, pas des frontières : les innovations se diffusent progressivement et les usages coexistent. Les captures sont légendées et sourcées ; leur date réelle est précisée lorsqu’elle diffère de la période illustrée.

  • 1969
    Les premiers réseaux

    ARPANET relie des ordinateurs distants

    Avant les sites et les navigateurs, il faut faire communiquer des machines. ARPANET relie quatre ordinateurs à la fin de 1969, dans un contexte de recherche américain. Les informations voyagent sous forme de paquets, reconstitués à destination. Ce réseau précurseur ne ressemble pas encore à Internet, mais il participe à la mise au point des techniques qui permettront de relier des réseaux entre eux.

    Repère : Internet Society ↗

  • 1970–83
    Un langage commun

    Le courrier électronique et le réseau des réseaux

    Dans les années 1970, le courrier électronique devient un usage majeur des réseaux de recherche. Le défi est désormais de faire dialoguer des réseaux différents. TCP/IP apporte un ensemble de règles communes ; ARPANET y bascule le 1er janvier 1983. Internet se construit ainsi comme un réseau de réseaux, sans dépendre d’un modèle unique d’ordinateur.

    Repère : Internet Society ↗

    Laurel · la messagerie en 1980Écran de Laurel sur Xerox Alto : liste des courriels, lecture d’un message et commandes Answer et Forward, le 11 février 1980.

    Laurel sur Xerox Alto, le 11 février 1980 : une liste de courriels, un volet de lecture et des commandes pour répondre ou transférer. Une interface graphique précoce, bien avant le Web.

  • 1989–91
    La naissance du Web

    Des documents reliés par des liens

    Au CERN, Tim Berners-Lee propose le World Wide Web en 1989. Un premier serveur et un premier navigateur fonctionnent en 1990 ; le projet est présenté plus largement en 1991. Les adresses, les liens hypertextes, le langage HTML et le protocole HTTP permettent de consulter des documents répartis sur plusieurs machines. Le Web utilise Internet : il ne le remplace pas.

    Repère : CERN ↗

    WorldWideWeb · lire et créer des liensWorldWideWeb · lire et créer des liens

    Le navigateur-éditeur WorldWideWeb, créé par Tim Berners-Lee en 1990. Cette capture date de 1993 : elle montre plusieurs documents ouverts et les commandes permettant de créer des liens. La première version était en niveaux de gris et affichait les images dans des fenêtres séparées.

    Source : Tim Berners-Lee · W3C · capture 1993 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 1993
    Un Web ouvert

    Le navigateur ouvre la porte au grand public

    Le 30 avril 1993, le CERN place le logiciel du Web dans le domaine public. La même année, le navigateur graphique Mosaic, développé au NCSA, contribue à rendre la navigation plus accessible. On peut suivre des liens et découvrir des pages associant textes et images. L’ouverture des technologies permet à de nombreux acteurs de créer leurs propres sites, navigateurs et serveurs.

    Repère : NCSA ↗

    Mosaic · le Web dans une fenêtreMosaic · le Web dans une fenêtre

    Une reproduction de l’interface de NCSA Mosaic, lancé en 1993 : boutons de navigation, adresse du document, texte, liens et image partagent la même fenêtre. Ce document conservé par l’Université de l’Illinois illustre le navigateur ; la date précise de la capture n’est pas indiquée.

  • 1995–2000
    Le Web entre dans les foyers

    Modems, portails, moteurs et commerce en ligne

    La connexion se fait souvent par la ligne téléphonique : elle est lente et ne reste pas toujours ouverte en permanence. Les pages privilégient le texte, les petites images et les menus compacts. Annuaires et moteurs aident à trouver une information parmi un nombre croissant de sites. Boutiques, forums et messageries montrent déjà que le Web peut servir à acheter et à échanger, au-delà de la simple consultation.

    Yahoo! · explorer le Web en 1996Yahoo! · explorer le Web en 1996

    Yahoo! en 1996 : un champ de recherche et un annuaire classé par thèmes pour s’orienter parmi les sites. Les liens occupent presque tout l’écran ; cette page illustre une navigation fondée sur les catégories, avant les interfaces plus visuelles d’aujourd’hui.

    Source : Web Design Museum · Yahoo! 1996 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 2001–06
    Le Web participatif

    Les internautes deviennent aussi des auteurs

    Le haut débit se diffuse, les connexions deviennent plus confortables et les usages se diversifient. Blogs, wikis, forums, réseaux sociaux et partage de vidéos permettent de publier sans créer tout un site. Les portails restent très visibles, avec leurs colonnes de rubriques et d’actualités. L’expression « Web 2.0 » désigne surtout cette évolution vers la participation et les services interactifs : ce n’est pas une nouvelle version d’Internet.

    Yahoo! en 2006 Capture de la page Yahoo de 2006, avec ses colonnes de liens, sa recherche et ses actualités.

    Un portail dense, des rubriques en colonnes et de nombreux liens : une esthétique familière du web de bureau de cette époque.

    Source : Yahoo! / Web Design Museum ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 2007–08
    Le Web dans la poche

    Le smartphone change les habitudes

    Les smartphones existent déjà lorsque l’iPhone est présenté en 2007. Son interface tactile et sa navigation web contribuent cependant à transformer les attentes du public. Le téléphone devient progressivement un écran de consultation quotidien, puis un outil pour commander, se repérer, photographier et travailler. Les concepteurs doivent désormais penser au toucher, à la taille des écrans et aux connexions mobiles.

    Repère : Apple · annonce de 2007 ↗

  • 2008–10
    Publier devient plus simple

    Les CMS séparent contenu et présentation

    WordPress, Joomla et Drupal se diffusent comme outils de publication. Depuis un espace d’administration, on ajoute un article, une photo ou une page sans modifier directement le code. Les thèmes organisent l’affichage, les extensions ajoutent des fonctions. Cette autonomie change la vie des associations et des entreprises, tout en créant un besoin durable de maintenance, de sauvegardes et de suivi des accès.

    Repère : WordPress · 2008 ↗

    WordPress : publier sans toucher au code Tableau de bord WordPress 2.5 : articles, pages, commentaires et commandes de publication.

    Ce tableau de bord de WordPress 2.5, présenté en 2008, illustre les interfaces de gestion qui se diffusent à la fin des années 2000.

    Source : WordPress.org · mars 2008 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
    Oderen · le Web local en 2008Archive du site du village d’Oderen : agenda, actualités associatives et photographies du village en 2008.

    Le site d’Oderen, archivé le 7 novembre 2008 : un agenda, des nouvelles des associations et des informations pratiques. Avec son bandeau rouge et ses photographies du village, il illustre un Web devenu lieu de vie locale, régulièrement mis à jour.

  • 2010–12
    Tous les écrans

    Le responsive et les applications en ligne

    Un même site doit fonctionner sur téléphone, tablette et ordinateur. Le responsive design réorganise sa présentation selon l’espace disponible ; le Boston Globe en fournit un exemple marquant dès 2011. En parallèle, le navigateur devient un véritable espace de travail : documents partagés, agendas, stockage distant et outils collaboratifs. Le logiciel se consulte de plus en plus comme un service en ligne.

    Un même journal sur plusieurs écrans Le Boston Globe affiché sur téléphone, tablette et ordinateur, avec des mises en page adaptées.

    Le Boston Globe adopte le responsive en 2011. Cette illustration ultérieure de Filament Group montre le principe : le contenu se réorganise selon l’écran.

    Source : Filament Group · projet lancé en 2011 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 2017
    Une étape pour l’IA

    Les Transformers préparent une nouvelle génération de modèles

    L’intelligence artificielle n’apparaît pas avec les chatbots : elle possède une histoire ancienne, faite de progrès et de périodes de désillusion. En 2017, l’article « Attention Is All You Need » présente l’architecture Transformer. Son mécanisme d’attention permet de traiter les relations entre les éléments d’une séquence. Cette architecture jouera un rôle important dans le développement des grands modèles de langage.

    Repère : Publication scientifique · 2017 ↗

  • 2018
    Confiance et données

    HTTPS se généralise, le RGPD entre en application

    Le chiffrement HTTPS se généralise et les navigateurs rendent plus visibles les connexions non sécurisées. Le 25 mai 2018, le RGPD devient applicable dans l’Union européenne. La protection des données existait auparavant ; ce cadre renforce les droits des personnes et les obligations des organismes. Concevoir un service en ligne implique aussi de réfléchir aux données collectées, à leur utilisation et à leur protection.

    Repère : CNIL ↗

    La sécurité devient visible dans le navigateur Comparaison des barres d’adresse Chrome 64 et Chrome 68, avec le nouveau signalement Not secure.

    En juillet 2018, Chrome 68 signale les pages HTTP comme « Not secure ». La barre d’adresse rend la différence avec HTTPS immédiatement perceptible.

    Source : Google Security Blog · février 2018 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 2020
    Des services à distance

    Le Web devient un guichet et un lieu de réunion

    La pandémie accélère le recours aux démarches en ligne, aux commandes à distance, aux cours en visioconférence et au travail collaboratif. Ces technologies existaient déjà, mais leur place change dans le quotidien. Un site peut désormais être le point d’accès à un rendez-vous, une réunion, un dossier ou un paiement. L’accessibilité et la simplicité d’utilisation deviennent déterminantes pour des publics très variés.

    La réunion se tient dans le navigateur Capture de Jitsi Meet en 2020 montrant une réunion vidéo avec trois participants.

    Une démonstration Jitsi Meet publiée en avril 2020 : plusieurs participants échangent en vidéo, directement depuis une interface web.

    Source : Jitsi · avril 2020 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir
  • 2022
    L’IA générative grand public

    On ne cherche plus seulement : on dialogue

    Le lancement public de ChatGPT, le 30 novembre 2022, marque une étape dans la diffusion des assistants conversationnels. Les utilisateurs peuvent demander une explication, un brouillon, une synthèse ou du code en langage courant. Les outils de génération d’images participent à ce changement. Cette IA produit des réponses à partir de modèles appris : elle peut être utile, mais aussi inventer des informations et nécessite une vérification.

    Repère : Annonce de ChatGPT · novembre 2022 ↗

  • 2023–26
    Assistants, outils et agents

    Des réponses aux actions

    Les assistants s’intègrent aux logiciels et certains peuvent consulter des documents, rechercher sur le Web ou utiliser des outils. On parle d’agents lorsque le système enchaîne des étapes pour accomplir une tâche : rassembler des informations, préparer un document ou intervenir dans une application autorisée. Ces capacités varient selon les produits. Les droits d’accès, la qualité des données et la validation humaine restent essentiels.

  • 2026
    Des usages qui coexistent

    Le site devient aussi une application

    Une page de présentation, un journal en ligne et une application métier répondent à des besoins différents. Aujourd’hui, un service web peut gérer des dossiers, des réservations, des tâches, des paiements et des automatisations, avec ou sans IA. Le progrès ne consiste pas à ajouter toutes les technologies : il consiste à choisir celles qui rendent un service utile, compréhensible et fiable.

    Aujourd’hui : le site présente une application Page de présentation de Perso.live avec aperçu des tâches, du calendrier et de la collaboration.

    Perso.live : un exemple actuel de présentation d’une application de tâches et d’organisation partagée, à comparer avec les interfaces historiques.

    Source : Les Techniciens du Net · capture 2026 ↗Cliquer sur l’image pour agrandir

Le bon outil pour votre besoin

Présenter

Un site vitrine rapide pour expliquer votre activité et faciliter le contact.

Publier

Un CMS pour gérer vos actualités, photos et documents en autonomie.

Travailler

Une application pour vos réservations, dossiers et processus métier.

L’IA peut compléter ces outils pour rechercher, rédiger ou automatiser certaines tâches, avec des résultats à vérifier.

Par Les Techniciens du Net · Sources et illustrations dans la chronologie · Mis à jour le 15 septembre 2026.

Parlons de votre projet