Le SaaS : un logiciel pour tout le monde
Le Software as a Service, « logiciel en tant que service », s’est imposé depuis le début des années 2000. On loue un outil en ligne, par abonnement et souvent par utilisateur : messagerie, comptabilité, gestion des clients. Le logiciel est le même pour tous, et c’est l’entreprise qui s’adapte à lui.
Le modèle montre aussi ses limites. Selon l’éditeur américain Zylo, qui observe surtout de grandes organisations, celles-ci utilisent en moyenne 305 applications de ce type, et 46 % des licences payées restent inutilisées sur une période de 30 jours.
Deux mots inversés
En 2024, le fonds d’investissement américain Foundation Capital a retourné la formule : Service as a Software. Même sigle, sens inverse. Le client n’achète plus un outil pour faire le travail lui-même ; il achète le travail fait, rendu par le logiciel.
Le fonds évalue ce marché à 4 600 milliards de dollars dans le monde : les salaires et les services sous-traités que ces logiciels pourraient prendre en charge. C’est une estimation du marché, pas une prévision.
Pourquoi maintenant
L’intelligence artificielle a fait baisser le coût d’écriture d’un logiciel. Un outil conçu pour un seul métier, longtemps réservé aux grands comptes, devient accessible à une association, une commune ou une PME.
En France, le terrain est prêt. D’après le baromètre France Num 2026, 40 % des TPE et PME utilisent au moins une solution d’IA, soit 14 points de plus qu’en 2025. 78 % ont un projet numérique pour 2026-2027, avec en tête la facturation électronique (39 %) et les logiciels (26 %).
Ce que cela change
Le logiciel part du métier, et non l’inverse. Il reprend le vocabulaire de ceux qui l’utilisent, ne garde que les fonctions utiles et évolue avec l’activité.
Exemple : un club culturel associatif tenait ses comptes dans un tableur et un logiciel de comptabilité, à côté de son site d’inscription. Une seule application réunit désormais les inscriptions des familles, les règlements et les échéanciers, l’appel fait par les professeurs sur tablette et la comptabilité du trésorier.
Les points de vigilance
- L’entretien. Un logiciel sur mesure doit être hébergé, sauvegardé et mis à jour toute l’année. Un socle commun, adapté à chaque client, coûte bien moins cher à entretenir qu’un outil refait de zéro à chaque fois.
- La réversibilité. Les données appartiennent au client : elles doivent pouvoir être exportées, et le logiciel doit être documenté.
- Ce qui est réglementé. Depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise doit pouvoir recevoir des factures électroniques par une plateforme agréée ; les PME devront aussi en émettre à partir du 1er septembre 2027. Un outil de facturation sur mesure se branche sur une plateforme agréée, il ne la remplace pas.
Notre approche
Les Techniciens du Net ont adopté ce modèle. Chaque application part de l’analyse des processus du client ; elle repose sur un socle technique commun, maintenu et mis à jour, puis évolue avec l’activité. Entretien, réversibilité des données et conformité réglementaire font partie du cahier des charges dès le départ.
Sources : Foundation Capital, « AI leads a service-as-software paradigm shift » · Zylo, 2026 SaaS Management Index · Service-Public, baromètre France Num 2026 · impots.gouv.fr, facturation électronique · Consultées le 28 octobre 2026.